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À l'occasion de la 15ème édition du Telecom Review Leaders' Summit, le plus grand rassemblement VIP dans le domaine des TICs, Telecom Review a obtenu un entretien avec Dr. Bilel Jamoussi, chef du département des commissions d'études, bureau de normalisation à l'UIT, afin de discuter l’importance des projets intelligents du futur et les défis affrontés face au Covid-19 et aux cyberattaques.

Quelles sont les projets intelligents et numériques sur lesquelles vous souhaitez travailler à l’avenir ?

Les projets que nous voyons dans l’horizon futur qui sont d’importance pour les pays développés et en développement sont les villes et les nations intelligentes. Le projet des nations intelligentes repose sur un travail qu’on a fait depuis des années pour les villes intelligentes. Maintenant, on voit qu’il est temps de parler de nations intelligentes vu qu’il ne suffit pas d’avoir une seule ville intelligente, il faut que toute la nation soit numérisée en se basant sur une connectivité à haut débit non seulement en réseau mobile mais aussi avec des réseaux fibre optique là où les normes sont développées à l’UIT.  Ensuite, il faudrait avoir la couche numérique de data centre, d’identifiant numérique de chaque citoyen, la connectivité et les plateformes digitales pour permettre d’avoir des services numériques à tout citoyen.

Donc, lorsqu’on parle d’une nation intelligente, il y a beaucoup de travail de normalisation, de développement, de régulation et il est important que nous soyons très proche de nos clients et partenaires qui sont les ministres de télécom, les régulateurs de télécom, le secteur privé non seulement les multinationales qui fabriquent l’équipement des réseaux, mais aussi les petites entreprises qui développent les logicielles et les plateformes numérique nécessaires pour que chaque citoyen puisse bénéficier de ces services numérique et de faire donc partie des nations intelligentes.

Dans un secteur qui a connu beaucoup de changements et de difficultés en raison du Covid-19, comment l'UIT a-t-elle relevé ces défis ?

Le Covid-19 a permis aux nations d’avoir une accélération de plusieurs années, pas moins de 5 à 6 ans d’accélération dans le développement du numérique. Les pays se sont rendu compte qu’il n’y a pas d’autre solution lors du confinement que de développer le télétravail, la télé-éducation, la télésanté et tous les services numériques à distance qui nécessitent une infrastructure de réseau mobile, fibre optique et des plateforme digitales. Donc à l’UIT nous avons accompagné nos états membres pour avoir par exemple une inclusion financière, d’avoir des services numériques financiers et on était bien placé au secteur de normalisation particulièrement ou j’avais l’honneur de diriger le projet de l’inclusion financière, une initiative globale pour l’inclusion financière « FIGI » que j’ai dirigé pendant six ans avant le Covid-19. Tout le travail, tous les rapports et toute l’infrastructure qu’on a développé ont été mis au service des états membres pour pouvoir offrir ces services numériques aux citoyens ; vu qu’il n’y a pas d’autres moyens, on ne peut pas aller à la banque, on ne peut pas recevoir les aides financières au citoyen autrement que par nos téléphones mobiles et donc cette inclusion financière mobile était vraiment à l’heure pour le Covid-19.

En raison du nombre élevé de cyberattaques dans la région et dans le monde, comment l'UIT a-t-elle pu faire face et réduire ce type de menace ?

La cybersécurité est un élément très important qui est toujours sur le radar de tous les pays pour assurer une fiabilité et une confiance dans les services numériques, parce que si le citoyen n’a pas la confiance dans les services numériques, il ne va pas les utiliser. Ainsi la cybersécurité doit reposer sur des normes internationales comme par exemple, l’échange des clés numérique pour sécuriser le Traffic qui est basé sur une norme de l’unité X.509 qui date de 33 ans. Cette norme a évolué avec les technologies de cryptographie et de nouvelle technologie de sécurisation de réseau, par exemple, le dernier protocole utilise la technologie quantique, technologie de protection des données. Donc il faut avoir une sécurisation du réseau et il faut avoir des normes internationales pour l’authentification des utilisateurs. L’unité a développé avec d’autre partenaires un protocole, une nouvelle norme pour avoir une authentification forte sans mot de passe qui se base sur la biométrie ; par exemple la biométrie du citoyen qui est stockée sur le téléphone mobile (smartphone) et qui peut authentifier uniquement le citoyen. Donc en ajoutant ces normes internationales nous avons pu accompagner les états membres. Bien sûr au sein de l’unité nous avons un secteur de développement qui travaille avec nos états membres, pour permettre ce transfert de technologie et de norme internationale sur le terrain. On a des bureaux régionaux partout dans le monde et à travers nos collègues dans ces bureaux nous travaillons pour avoir une facilité de déploiement de ces normes internationales sur la cybersécurité pour accompagner nos états membres.

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