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L’Afrique du Sud est sur le point de connaître un essor technologique grâce au déploiement intensif de voir l'élément-clé de la quatrième révolution industrielle du pays (4IR). Mais, pas si rapidement. Alors que le monde se convertit peu à peu à cette technologie, le continent s'y prépare avec un peu plus de lenteur. La 5G nécessite d’importants investissements, elle reste onéreuse et surtout ne répond pas forcément aux besoins du plus grand nombre. Pourtant, des pays comme l'Afrique du Sud ont décidé d'accélérer le processus.

Selon le cabinet juridique, CMS, en avril 2020, l'Autorité indépendante des communications d'Afrique du Sud (ICASA) a approuvé l'attribution temporaire de fréquences 4G et 5G de grande valeur aux opérateurs de téléphonie mobile pour répondre à l'augmentation du trafic sur leurs réseaux et pour couvrir la demande accrue de fréquences par les consommateurs en raison des effets de la pandémie Covid-19.

En octobre 2020, ICASA a déclaré mettre aux enchères l’octroi de licences de spectre de grande valeur d’ici le 31 mars 2021 au plus tard. À cet égard, l’autorité a lancé une invitation à appliquer un avis de l’ITA 2020 pour inviter les demandes de licences de spectre de radiofréquences dans les bandes suivantes : 700 MHz, 800 MHz, 2600 MHz et 3500 MHz, pour la fourniture de services nationaux d'accès sans fil à large bande. L’ITA a été publié en termes de règlements 6 et 7 du Règlement sur le spectre des fréquences radioélectriques de 2015, conjointement avec la section 31(3) de la Loi sur les communications électroniques de 2005. Les licences seront accompagnées d'obligations de service et d'accès universels.

Les opérateurs qui ont présenté des demandes opèrent déjà sur le marché à savoir: Cell C, Rain Networks, Vodacom, Telkom, Liquid Telecom et MTN.

En mai, l'opérateur sud-africain Vodacom avait lancé ce qu'il prétendait être le premier réseau mobile   qui prenait en charge les services mobiles et fixes sans fil. Le service 5G était disponible dans les villes de Johannesburg, Pretoria et Le Cap, et prendra en charge les services mobiles et fixes sans fil, comme il est actuellement disponible sur 20 sites 5G en activité. L’ICASA lui avait attribué ce spectre temporairement pour la durée de l'état de catastrophe nationale dû à la pandémie Covid-19, dont un canal de 50 mégahertz dans la bande des 3,5 GHz, qui a été utilisé pour accélérer le lancement de la 5G de l'opérateur. Vodacom travaille actuellement avec Nokia pour le déploiement de son réseau.

MTN, à son tour, a annoncé le lancement de son réseau de 5ème génération en Afrique du Sud, avec le déploiement initial de 100 sites 5G. L'entreprise a déployé 58 sites 5G à Johannesburg, au Cap et à Bloemfontein en utilisant la bande de 3,5 GHz. En outre, elle a déployé 35 sites utilisant le spectre dans les bandes de 2100 et 1800 MHz comme elle a aussi déployé des sites 5G sur la bande 2100 MHz à Johannesburg et à Port Elizabeth. Enfin, MTN a déployé cinq sites 5G utilisant la bande 700 MHz à Port Alfred, Hopetown, Virginia Queenstown et Tsantsabane, tandis que la couverture initiale  à Hatfield (Pretoria), Edenvale et Durban est assurée par des sites utilisant la bande 28 GHz.

Selon le CMS, Liquid Telecom, un opérateur de lignes fixes et de haut débit, a précédemment annoncé qu'il construisait un réseau 5G qui serait disponible dès le début de 2020. Liquid Telecom a reçu 4 MHz dans la bande des 3,5 GHz, en plus des 56 MHz qu'il détenait déjà. L’opérateur précité, qui utilisera son propre spectre dans la bande des 3,5 GHz, a déclaré qu'il permettrait à d'autres opérateurs de téléphonie mobile d'utiliser cette infrastructure pour fournir la technologie 5G.

Rain South Africa, un fournisseur de services de données à large bande mobile, s'est vu attribuer 30 MHz dans la bande des 2,6 GHz. Rain South Africa fournit déjà des services de données 5G à ses clients dans les grands centres tels que Le Cap et Johannesburg. Elle a conclu un accord d'itinérance avec Vodacom. Telkom, l'entreprise publique de télécommunications, a déposé une plainte auprès de l'autorité de la concurrence concernant la validité juridique de cet accord d'itinérance, alléguant qu'il s'agissait d'une fusion devant être notifiée. Cette contestation pourrait avoir un impact sur la manière dont les entreprises de télécommunications s'engagent les unes avec les autres lors de la conclusion d'accords d'itinérance 5G.

Les opérateurs ci-dessus mentionnés sont tous aux premiers stades du développement du réseau 5G et pas encore lancé à des fins industrielles. Jusqu'à présent, les services limités ont des prix similaires à ceux de la 4G.

Dans un rapport récent, l'équipementier suédois Eriksson a estimé qu'il faudra attendre cinq ans avant de voir l'Afrique atteindre les 50 millions d'abonnés à la 5G qui s’adresse donc surtout une élite urbaine, qui travaille dans les nouvelles technologies, les sciences ou l'information. En attendant, la 3G risque de dominer encore quelques années les réseaux mobiles africains, devant la 4G qui est encore minoritaire.

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