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Sous le haut patronage de Son Altesse Cheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, vice-président et premier ministre des E.A.U. et gouverneur de Dubaï, la Chambre du commerce et de l’industrie de Dubaïa a organisé les 1 et 2 novembre le forum Africa Global Business (AGBF) à Dubaï, qui a réuni des responsables gouvernementaux de haut niveau et des leaders dans le domaine des affaires venant de tout le continent africain.

D’influents leaders  ont participé à cet événement dont le président du Rwanda et le PDG du groupe Standard Bank., S.E. Majid Saif Al Ghurair, président de la Chambre du commerce et de l’industrie de Dubaï qui  a spécifié qu’il est honoré d’avoir organisé ce forum.

« C’est l’événement le plus important en  son genre qui se tient hors l’Afrique », a-t-il indiqué. « Il soutient la stratégie de la Chambre d’explorer les marchés partout dans le monde. Il offre aussi l’opportunité idéale de réunir les parties prenantes des secteurs public et privé pour échanger des points de vue inestimables », a-t-il ajouté.

Le thème principal de l’AGBF, « Afrique de prochaine génération », reflète la jeune population de l’Afrique et la croissance démographique rapide ainsi que le grand potentiel de la classe moyenne. « Le continent connaît un boom de l’infrastructure qui générera des opportunités de commerce et d’investissement. Toutefois, des défis existent encore », a indiqué S.E. Al Ghurair.

Au cours des dernières années, Dubaï a consolidé son statut en tant que porte internationale pour les entreprises africaines et les E.A.U. qui « continueront à être leaders dans la région du CCG au niveau des investissements étrangers en Afrique », a-t-il précisé. En effet, le nombre d’entreprises inscrites à la Chambre de Dubaï a augmenté de 41% par rapport à la dernière tenue du forum en 2015, pour atteindre le nombre de 17000. S.E. Al Ghurair a ajouté que les entrepreneurs intéressés par la technologie induiront « un changement positif et paveront la voie à une nouvelle ère de progrès économique et social. »

« Cette croissance remarquable reflète l’engagement de Dubaï à collaborer avec les parties prenantes clés dans les secteurs public et privé d’Afrique. Dubaï utilisera son emplacement et statut stratégiques, en tant que  centre des affaires prospères, pour contribuer à la croissance africaine à l’avenir ».

Sangu Delle, PDG de Golden Palm Investments au Ghana, a salué le fait que le gouvernement des E.A.U. a nommé un ministre de l’intelligence artificielle et s’est félicité de sa vision relative aux voitures autonomes. Delle a mis l’accent sur le fait que le tiers des participants à l’événement étaient de jeunes entrepreneurs, ce qui souligne l’importance de la conférence qui se concentre sur le rôle des jeunes entrepreneurs à surmonter les obstacles entravant le commerce, l’investissement et la prospérité.

Comment réussir en Afrique ?

Plusieurs exposés ont mis en exergue les défis qui se posent face au lancement de nouvelles affaires en Afrique, ainsi que l’importance d’avoir à établir un dialogue ouvert entre les fonctionnaires et les leaders du domaine des affaires. Les jeunes entrepreneurs étaient aussi un thème important qui a été discuté durant l’événement, notamment par un panel d’entrepreneurs qui ont partagé leurs opinions sur les critères de devenir entrepreneur en Afrique.

Le premier panel était composé de Jeremy Hodara, cofondateur et co-PDG de Jumia Group, une entreprise d’e-commerce en ligne, de Vahid Monadjem, PDG de Nomanini, une entreprise sise à Cape Town qui fournit la technologie pour la livraison de services prépayés et d’Ada Osakwe, fondatrice et PDG d’Agrolay Ventures, une entreprise privée d’investissement dédiée à la promotion des secteurs agricole et alimentaire en Afrique.

Cette  discussion a soulevé la question pour savoir si la technologie et l’entreprenariat sont suffisants pour libérer le potentiel économique africain ou si les entreprises ont besoin de plus de soutien au niveau des politiques, de l’infrastructure et de l’investissement étranger afin de réussir à long terme.

Les panélistes se sont demandés s’il est possible que les entrepreneurs aspirants progressent en Afrique et si la technologie et l’innovation sont suffisantes pour faciliter cette progression ou si les gouvernements doivent jouer un rôle plus important en élaborant des politiques pour aider les entrepreneurs.

Vahid a indiqué que des efforts sont déployés pour promouvoir l’entreprenariat en Afrique, toutefois en réalité, les marchés sont très diversifié sur ce continent et font face à différents défis qui peuvent rendre la création de nouvelles affaires difficile.

« Il faut créer l’environnement propice qui permettra aux entrepreneurs de prospérer », a-t-il déclaré. « L’entreprenariat semble être la solution à tout problème en Afrique ; toutefois il est peu probable que les entrepreneurs soient ceux qui bâtissent les routes et qui explorent le potentiel des services publics requis pour que les entreprises réussissent. »

Selon Vahid, « le gouvernement et les secteurs publics ont la responsabilité d’assurer les conditions de la croissance, et les entrepreneurs celle de réaliser ce potentiel. »

La demande n’est pas le problème en Afrique, a indiqué Jeremy. Il provient du fait que la distribution de l’infrastructure n’est pas suffisante.  « La technologie est la solution pour subvenir à cette demande, » a-t-il martelé.

« Les gens ont besoin d’acquérir des produits et services, donc ils trouveront une manière pour se les procurer d’une façon différente peut-être que le reste du monde. Voilà pourquoi, nous considérons l’internet et l’e-commerce comme une excellente opportunité pour répondre à leurs besoins d’une façon plus efficace, » a-t-il dit.

De cette sorte, les magasins physiques ne seront plus nécessaires. Les entrepreneurs auront l’opportunité de profiter de cette nouvelle plate-forme d’affaires.

Ada s’est montrée d’accord avec Jeremy en ce qui concerne le fait que la technologie est un moteur pour les entrepreneurs, toutefois, elle a souligné que l’Afrique fait face encore à des problèmes fondamentaux qui ne lui permettent pas d’évoluer. Par exemple, si une nation africaine n’a pas d’électricité suffisante, la technologie ne peut pas être déployée comme une solution.

« Nous utilisons la technologie pour aider à accélérer le progrès des affaires, » a-t-elle précisé en mettant en exergue comment elle peut être uniquement une solution si elle est à prix abordable et est accessible.

Vahid a déclaré que trouver des moyens pour aider les entreprises en Afrique n’est pas le problème, mais c’est celui de trouver des solutions à ces enjeux. Il a évoqué comment, à un certain moment, son entreprise excellait au Mozambique, toutefois, soudain, l’économie du pays s’est détériorée et la monnaie a chuté en quelques mois.

Assurer des activités de paiement dans ces conditions est « extrêmement difficile », a-t-il dit, soulignant l’importance d’un environnement d’affaires stable. Ada était d’accord avec Vahid en indiquant que les gouvernements doivent faire plus d’efforts pour créer des politiques  qui permettent aux entreprises émergentes de mener leurs affaires plus facilement.

« Je suis consciente du pouvoir des politiques à stimuler l’économie », a-t-elle précisé en mentionnant son expérience précédente comme fonctionnaire du gouvernement. « Si nous affirmons que les entrepreneurs sont le futur de l’Afrique, alors nous devons créer l’environnement propice et élaborer les bonnes politiques. Je ne pense pas que ceci doive se réalise assez rapidement. »

                                                   

 

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