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L'interdiction par Donald Trump du rachat du fabricant de microprocesseurs Qualcomm par son concurrent asiatique Broadcom illustre les craintes que suscite la concurrence chinoise dans les télécoms, en particulier sur le marché de la 5G, l'internet mobile ultrarapide.

Démarche inhabituelle, le président américain a signé un décret bloquant l'opération, parlant d' « éléments crédibles » susceptibles de menacer la sécurité nationale.

Cela met abruptement fin à la bataille que se livraient les deux groupes depuis plusieurs mois dans le cadre d'une opération qui, à 117 milliards de dollars, aurait été la plus importante du secteur et l'une des plus grosses jamais réalisées.

Même si Broadcom est basé à Singapour, c'est la crainte de la Chine qui est derrière la décision des autorités américaines. Le texte présidentiel n'en fait pas mention mais le ministère du Trésor l'avait évoquée dans un courrier la semaine dernière, estimant que l'opération pourrait mettre en péril la domination des Etats-Unis dans la 5G au profit de la Chine.

« C'est une vraie menace », estime James Lewis, ancien cadre dans la sécurité nationale, aujourd'hui vice-président du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS). « Toutes les administrations depuis 2002 ont compris que nous étions vulnérables à l'espionnage chinois s'ils contrôlent l'infrastructure. Qualcomm, et à un certain degré (l'équipementier) Cisco, sont les deux derniers qui permettent aux Etats-Unis de rester dans le jeu en matière de télécoms, et on ne veut pas les perdre », explique Lewis.

C'est Qualcomm, qui s'opposait depuis des mois aux visées de son rival, qui avait saisi le Comité sur les investissements étrangers (CFIUS), chargé d'examiner rachat ou investissement étrangers à l'aune de la sécurité nationale.

Pour le CFIUS, une prise de contrôle de Qualcomm –« leader » dans la 5G grâce à ses nombreux brevets-- affaiblirait les Etats-Unis et faciliterait l'ascension d'entreprises chinoises.

Indispensable au développement de nombreux services dont les voitures connectées et la robotique, la 5G revêt des enjeux majeurs. Pour rassurer les autorités américaines, Broadcom, qui a réfuté tout problème de sécurité nationale, avait même promis des investissements pour garantir la domination américaine dans la 5G. L'entreprise, née du rachat du groupe américain du même nom par un groupe américano-singapourien, avait aussi promis de revenir se domicilier aux Etats-Unis.

 

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