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Le Bureau de normalisation des télécommunications  de l’Union internationale des télécommunications (UIT) travaille au développement de normes internationales relatives aux télécommunications. Actuellement, 11 groupes d’études les développant sont chargés de la gestion des numéros de téléphones au niveau international, de la préservation de l’utilisation sécurisée des appareils IoT connectés au réseau 5G, du  contrôle  des tarifs, des frais d’itinérance et de connectivité.

L’émergence de la 5G a apporté avantages et défis. Bilel Jamoussi, chef du département des groupes d’études au Bureau de normalisation des télécommunications de  l’UIT a, dans une interview exclusive, à Telecom Review, présenté ces défis. Il a également  abordé des cas d’utilisation de la technologie de 5ème génération ainsi que les derniers projets de l’UIT dans ce domaine.

 

Tout d’abord, pouvez-vous expliquer le rôle du bureau que  vous dirigez à  l’UIT ?

Nous abordons la fréquence électromagnétique (EMF) et son impact sur le corps humain en élaborant la norme spécifique à la mesure de l’intensité de sa fréquence. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) développe les limites relatives à la santé alors que l’UIT développe les normes de mesure.

Nous œuvrons à combatte la contrefaçon des appareils de TIC en ce qui concerne la conformité et l’interopérabilité et à surveiller la qualité de service du réseau, la qualité d’expérience des utilisateurs des réseaux 5G de l’INT 2020, le réseau  central, la fibre optique et l’accès au réseau à travers les câbles de cuivre.

La compression de vidéo est critique parce que 80% du trafic est actuellement généré par les vidéos, ce qui consomme tout le débit. Voilà pourquoi nous travaillons aussi sur ce sujet.

En outre, nous avons des groupes d’études qui examinent les nouvelles technologies et la transformation numérique. En effet, un d’eux travaille sur la gestion du traitement des données dans le domaine de l’internet des objets (IoT). Un autre se concentre sur la blockchain et la technologie du registre distribué. Actuellement, nous avons formé de nouveaux groupes qui examinent les véhicules autonomes, l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé et les technologies de l’informatique quantique.

Les distributions quantiques sont basées sur des photons qui garantissent des niveaux de sécurité sans précédent parce que, si on n’a pas les propriétés quantiques des photons, on ne pourra pas décrypter le trafic. L’utilisation des propriétés physiques quantiques assurera la sécurité du réseau à travers une  nouvelle cryptographie et de nouveaux mécanismes de sécurité.

De plus, nous nous concentrons sur l’inclusion financière et l’utilisation des mobiles pour effectuer des transactions en ligne. Les villes intelligentes se placent sous l’ombrelle de nos efforts visant à promouvoir l’utilisation des TIC pour introduire la durabilité et l’intelligence dans toute ville.

De nouveaux domaines de travail ont émergé qui franchissent le seuil des télécommunications traditionnelles vers les nouvelles TIC et la transformation numérique.

 

En termes de l’impact de la 5G sur le domaine sanitaire, d’aucuns sont concernés par l’effet secondaire des radiations émises par cette technologies sur la santé humaine. Qu’en pensez-vous ?

Les barrières de l’impact sur la santé du corps humain sont développées par la Commission internationale  de  la protection contre la radiation non-ionisante (ICNIRP) qui est formée par des experts dans les domaines de la santé et des TIC qui se réfèrent à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). A son tour, cette dernière développe la résolution sur l’impact et les limites de l’intensité et les fréquences utilisées. 

En se basant sur les résolutions de l’OMS, L’UIT élabore des recommandations sur la façon de mesurer ces limites d’exposition et s’assurer que les stations de base et les appareils les respectent.

Récemment, afin  de planifier  le grand débat de la 5G et la fréquence électromagnétique, le groupe d’étude 5 a rédigé un rapport qui traite de la question de la fréquence électromagnétique dans le contexte de la 5G. Nous avons utilisé des antennes MIMO et des fréquences plus élevées, créant ainsi un réseau plus dense ayant plus de radio afin d’étudier l’impact.

Nous attendons actuellement que l’ICNIRP publie une nouvelle série de limites qui ont été mises à jour sachant que la dernière a été publiée il y a quelques années. Il est prévu qu’elle le soit d’ici fin 2019. En se basant sur ces nouvelles limites, l’UIT développera des recommandations pour pouvoir les mesurer.   

 

Quelles sont les tendances actuelles  majeures  de l’industrie des télécommunications  de la région MENA ?

Nous avons constaté que les villes intelligentes sont un des moteurs de la stratégie numérique nationale de la région MENA parce qu’une ville intelligente comprend tous les aspects des secteurs verticaux tels que le transport et la surveillance. Les voitures sont désormais connectées et les données générées par les véhicules permettent une gestion plus intelligente de l’activité routière dans les villes, promouvant ainsi la sûreté et diminuant le nombre d’accidents.

La santé est aussi un autre domaine à considérer. Par exemple, l’utilisation de l’intelligence artificielle a augmenté dans ce secteur, ce qui a permis de précocement les diagnostiquer par le biais du mobile, sans avoir besoin d’avoir recours à une consultation médicale. Dans ce cadre, l’UIT est en train de normaliser ces algorithmes de l’IA pour s’assurer qu’ils sont aussi crédibles que le médecin et même meilleurs puisqu’ils sont très avancés et génèrent d’énormes volumes de données. L’apprentissage automatique ou Machine Learning et l’IA peuvent détecter des anomalies qui sont invisibles à l’œil nu par un radiologue.

Le troisième domaine qui a suscité un grand intérêt dans la région MENA est l’inclusion financière. C’est le pouvoir d’utiliser les mobiles pour garantir plus d’accès aux services bancaires aux gens sous-bancarisés à causes de leur lieu de résidences (manque de branche bancaire dans leurs villages) ou simplement parce qu’ils ne possèdent pas le montant nécessaire pour ouvrir un compte. En leur garantissant un compte bancaire sur leurs mobiles pour faire des transactions ou un portefeuille électronique (e-wallet), ils pourront dépenser de l’argent, en recevoir du pays ou de l’extérieur et donc auront un historique bancaire qui leur permettra de demander un crédit.