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Jusqu’à aujourd’hui, des territoires de l’Afrique du Nord et de l’Ouest sont toujours privés d’une connexion appropriée. Pour atténuer ces besoins en connectivité et en bande passante, Nokia travaille et contribue afin de répondre à ces demandes immédiates. Telecom Review Afrique s’est entretenue avec Pierre Chaume, Vice-Président pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest chez Nokia, pour comprendre comment la compagnie est en train de connecter les non-connectés, ses déploiements 5G, et les contributions de Nokia pour soutenir les demandes exponentielles de connectivité et de bande passante ainsi que le plan FWA pour la région.

En ce qui concerne les déploiements 5G, quelles sont les grandes réalisations de Nokia sur votre marché d’Afrique du Nord et de l’Ouest ?

Tout d’abord, il est important de rappeler que la région Afrique du Nord et de l’Ouest bénéficiera des accomplissements du groupe Nokia en matière de 5G. Dès Mai, nous avions plus de 165 contrats de déploiement 5G, dont 65 sont déjà en exploitation commerciale. En ce qui concerne la région Moyen Orient et Afrique, nous avons été parmi les premiers à introduire la technologie 5G et l’élan se poursuit. Nos références publiques 5G incluent les opérateurs: STC, Zain Saudi et Mobily en Arabie Saoudite, du et Etisalat aux Emirats Arabes Unis, ainsi qu’Ooredoo Qatar et Vodacom en Afrique du Sud, Safaricom au Kenya et Togocom au Togo.

Par ailleurs, les équipements que nous déployons actuellement sont compatibles avec la 5G, et cela est le cas pour la  grande majorité des pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Ces équipements sont prêts à être activés au moment voulu. À partir de 2022, une fois les licences attribuées, nous nous attendons à une intensification des déploiements 5G et aux lancements correspondants.

Enfin, il est important de souligner que les applications pour le grand public ou pour les entreprises sont clés pour un lancement commercial 5G réussi. Depuis l’année dernière, nous avons débuté une série de pilotes 5G avec certains de nos clients opérateurs afin de tester ces applications ; comme par exemple avec Ooredoo Tunisie en Décembre 2020 où nous avons établi un record local de débit. En 2021 nous intensifions nos  pilotes 5G sur la région.

La demande exponentielle de connectivité et de bande passante pousse les limites de capacité des réseaux des fournisseurs de services de communication (CSP). Quelles sont les contributions de Nokia pour soutenir ces demandes dans cette région ?

Avant de bénéficier des améliorations qu’apportera la 5G, en ce qui concerne les besoins en connectivité et en bande passante, Nokia travaille et contribue pour soutenir ces demandes immédiates. L’Afrique du Nord et de l’Ouest est une région où nous déployons toujours la 3G, la 4G et ses perfectionnements (LTE Advanced, agrégation de porteuses, MIMO 4x4, etc…). En particulier, une étude menée à partir de données collectées par des sociétés indépendantes comme Tutela montre la qualité supérieure des solutions 4G de Nokia en termes de bande passante pour un nombre de sites radios optimisés. Cette étude a été menée sur 226 villes et 36 pays représentatifs dans le monde.

Au niveau des fonctionnalités, le DSS (partage dynamique du spectre) est un autre domaine dans lequel nous avons enregistré des accomplissements marquants, contribuant à améliorer la bande passante malgré un spectre limité. Nous avons livré la première solution DSS en Avril 2020, prenant en charge le partage de spectre entre la 2G, 3G, 4G et la 5G. En ce moment, nous testons et déployons le DSS sur nos réseaux en ’Afrique du Nord et de l’Ouest.

Enfin, un moyen essentiel d’absorber la demande en bande passante est de pouvoir compter sur nos équipes d’experts en optimisation des réseaux télécoms. Dans différents pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest, nous maintenons et optimisons les réseaux de Nokia mais aussi d’autres fournisseurs. Nous comptons sur nos propres outils d’optimisation et d’analyse d’interférences qui sont basés sur des dispositifs d’intelligence artificielle et de  « machine learning ».

Le FWA s’annonce très prometteur à l’échelle mondiale. Quelle est votre vision de cette technologie pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest?

L’Afrique du Nord et de l’Ouest est une région hétérogène en termes de démographie et de pouvoir d’achat. Mais aucun pays n’y est épargné par la demande prodigieuse en bande passante. Les déploiements du haut débit fixe, dont Nokia est leader mondial, continueront de croître, en particulier le déploiement des réseaux fibre FTTH comme c’est le cas en Égypte, en Algérie, au Maroc, mais aussi au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire, et au Togo. Nokia a déployé un grand nombre des dits réseaux pour ses clients dans la région. Nous constatons également une demande accrue pour les solutions fixes sans fil FWA (pour Fixed Wireless Access), de la part d’opérateurs souhaitant concurrencer les réseaux historiques fixes nationaux ou tout simplement pour compléter la fibre, là où elle est difficile à déployer ou non viable économiquement.

Ainsi, Nokia déploie ses solutions FWA pour ses clients en Afrique tel le groupe Ooredoo, Togocom au Togo, Vodacom en Afrique du Sud, ainsi que d’autres opérateurs en Tanzanie, au Kenya et au Nigeria. Par ailleurs, Nokia s’est associé à Zain en Arabie Saoudite et à Vodacom en Afrique du Sud pour offrir une expérience Gigabit à ses abonnés en utilisant le sans fil fixe 5G. Notre vision pour le FWA est optimiste et cette technologie devrait rencontrer une forte croissance dès cette année.

De plus, et afin de permettre à leurs abonnés de bénéficier pleinement des hauts débits rendus disponible tant par la fibre que par le FWA 4G ou 5G, Nokia met désormais à la disposition des opérateurs sa solution Nokia WiFi qui optimise la connectivité des nombreux terminaux désormais présents dans les maisons en limitant les interférences.

Quels sont les défis rencontrés dans votre parcours pour “connecter les non-connectés” en Afrique du Nord et de l’Ouest?

Il est important de noter que même si des efforts sont consentis par les différents acteurs, 26% de la population d’Afrique subsaharienne ne jouit pas d’une couverture leur permettant de bénéficier de l’Internet Mobile, même pas la 3G, selon la GSMA. Toujours selon la GSMA, si on s’attarde sur l’utilisation effective, c’est-à-dire la population qui bénéficie d’une couverture ou non, mais qui n’ont pas les moyens d’accéder au contenu, cet écart monte à 50% de la population. Dans un contexte de contrôle des capex et d’optimisation des coûts, conséquence de la pandémie, il est évident que les efforts doivent être intensifiés et accompagnés de mesures bien connues : facilités fiscales, mise à disposition de spectre, allègement des procédures de génie civil et subventions de la part des autorités publiques et internationales.

En ce qui nous concerne, en tant que fournisseur de solutions télécoms, nos produits flexibles et éprouvés nous permettent d’offrir des solutions bout-en-bout pour les zones rurales. Par exemple, la solution Nokia LiteSite bénéficie de coûts de mise en place maitrisés et d’une faible consommation d’énergie assurée par des panneaux et batteries solaires. Cette solution s’appuie spécialement sur la technologie UE Relay qui capitalise sur la couverture 4G existante, simplifiant ainsi le « backhauling », chainon problématique de la couverture des zones reculées, et permettant ainsi d’atteindre et de couvrir des communautés et des villages éloignés avec la 2G, 3G, et même la 4G.

Ces solutions sont aujourd’hui testées en Afrique notamment au Cameroun et au Sénégal, sans compromis sur la qualité de service et la performance, et avec une attention portée particulièrement aux aspects susmentionnés afin d’en faire un choix économiquement viable pour nos partenaires opérateurs. Sur cette partie financière, nous pouvons également compter sur nombreuses institutions et agences de crédits qui souhaitent supporter nos projets ruraux et apporter l’internet aux zones non connectées.

Notons que, l’année dernière, Nokia et UNICEF Kenya ont mis en œuvre des solutions internet sans fil fixe, basées sur la 4G, visant à apporter des livres audio et visuels simplifiés dans les écoles de régions très reculées du Kenya afin d’éduquer les enfants ayant une déficience auditive ou visuelle.

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