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Au Liban, nous témoignons de l’émergence de nombreuses startups motivées veillant à développer le pays et promouvoir son économie, notamment au niveau du secteur technologique qui présente des opportunités illimitées à s’élargir  et s’intégrer dans l’économie mondiale. Au cours d’une entrevue accordée à Telecom Review, Nicolas Sehnaoui, président de UK Lebanon Tech Hub, a expliqué comment ce dernier soutient les startups technologiques et les jeunes Libanais pour lancer leurs projets et produits sur le marché.

Nicolas Sehnaoui a abordé, dans son entrevue, divers sujets technologiques en relation avec les activités de UK Lebanon Tech Hub et de l’importance du soutien du secteur public et des entreprises privées afin de promouvoir l’industrie de la technologie au Liban.

En outre, il s’est penché sur la possibilité de voir se créer des villes intelligentes au Liban et d’avoir recours à l’internet des objets (IoT). Il a aussi expliqué comment le Liban peut devenir leader sur la carte internationale des télécommunications et de l’économie numérique.

En tant que président de UK Lebanon Tech Hub, pouvez-vous nous donner un aperçu sur cette initiative? Quelles sont ses activités principales et à quoi vise-t-elle ?

UK Lebanon Tech Hub est une initiative lancée par la Banque Centrale et l’ambassade du Royaume Uni et soutenue par UK Trade and Investment, qui est un département du ministère des Affaires étrangères britannique. L’objectif principal est de jeter un pont entre le Liban et l’Angleterre et d’utiliser la place anglaise pour permettre aux startups libanaises et au secteur technologique libanais d’avoir accès au marché mondial à travers le réseau et la place qu’occupe la Grande Bretagne au niveau de l’économie numérique mondiale.

Comment UK Lebanon Tech Hub soutient les startups libanaises ?

UK Lebanon Tech Hub a plusieurs programmes considérés comme accélérateurs. Nous suivons un format précis selon lequel nous lançons deux programmes par an dans le cadre de ce que nous appelons « The Nucleus ». Il s’agit de former les startups libanaises et de leur apprendre le scaling up ou comment grandir et les mettre en contact avec notre réseau international.

En outre, nous renforçons les capacités des startups et des jeunes au niveau de tout l’écosystème libanais pour qu’ils puissent participer à l’économie numérique et garantir tous les éléments capables de promouvoir l’économie numérique au Liban.

Le secteur public soutient-il UK Lebanon Tech Hub dans le financement des projets des startups libanaises ?

Effectivement, le UK Lebanon Tech Hub est financé par la  circulaire 331 qui est une initiative lancée par la Banque Centrale.

Comment UK Lebanon Tech Hub renforce-t-il les capacités des jeunes et leur permet de s’engager plus profondément au secteur technologique ?

Le UK Lebanon Tech Hub organise régulièrement des Tech Talk avec des experts internationaux ou libanais ayant une expérience internationale afin de former les jeunes, leur donner un cours accéléré sur les secteurs technologiques.

Est-ce que UK Lebanon Tech Hub collabore avec les entreprises technologiques du secteur privé pour renforcer vos recherches et projets technologiques ?

Le UK Lebanon Tech Hub est entouré par un réseau de sociétés privées que nous avons engagées pour bénéficier de leurs capacités et know-how et en même temps, s’informer sur la manière d’élaborer notre nouveau programme spécialisé en recherche appliquée et R&D dont elles pourront profiter.

Quels sont les exploits les plus marquants que UK Lebanon Tech Hub a réalisés jusqu’à présent ? Quels sont les projets principaux que vous entreprenez actuellement au Liban ?

Depuis le lancement de UK Lebanon Tech Hub, nous avons contribué à la création de 138 nouveaux emplois, à la génération de revenus supplémentaires de 7,4 millions de dollars à des entreprises que nous avons soutenu en 2015 et 2016. Nos entreprises accélératrices ont garanti un financement et investissement additionnel de 4,4 millions de dollars. Nos ateliers, événements et services d’orientation ont aidé 482 entreprises et 1338 professionnels ou encore étudiants.

Nous nous sommes concentrés aussi sur l’internationalisation de la dynamique entrepreneuriale du Liban en organisant 5 salons internationaux et conférences avec des délégations libanaises à Londres, Dublin et Berlin.

En outre, nous avons attiré 15 entreprises pour qu’elles établissent leurs magasins au Liban et engagé 60 membres-clés de la diaspora, dont des cadres supérieurs, entrepreneurs, investisseurs/gestionnaires de fonds, scientifiques et professionnels médiatiques conformément à la circulaire 331, à la mission et vision de UK Lebanon Tech Hub et à des moyens de contribution.

Au niveau académique, nous avons engagé 14 universités, depuis le lancement de notre initiative, et collaboré avec 22 écoles, menant au lancement de Raspberry Pi, la première compétition nationale. Nous avons organisé aussi une compétition entre les startups au niveau du pays, en partenariat avec Bootcamp, qui a généré 96 projets et formé 50 équipes de 100 étudiants sur les modèles d’affaires.

A votre avis, les investissements dans le secteur technologique sont-ils relativement limités au Liban? Et comment peut-on générer plus d’investissements dans  ce secteur ?

Les investissements dans le secteur technologique ne sont pas limités au Liban, notamment après le lancement de l’initiative 331 qui garantit près de 500 millions de dollars et plus que 200 millions ont été déjà investis dans le secteur. Toutefois, les investisseurs privés n’ont pas encore investi fortement dans ce secteur du fait qu’au Liban, ils sont habitués à avoir des investissements à haut rendement et à faible risque, tels que ceux alloués aux secteurs de l’immobilier et les intérêts sur les bons du Trésor ou les dépôts. Toutefois,  ces sources de rendement commencent à se tarir et le secteur de l’immobilier est en crise depuis quelques années. Donc, c’est à nous qui travaillons dans le secteur technologique de leur montrer que les espoirs de retour sont exponentielles dans ce secteur et que les startups et les inventeurs libanais sont capables de leur assurer  des rendements nettement plus importants s’ils savent bien choisir leurs investissements ou bien éclater leurs risques.

Actuellement, tous les pays veillent à développer leurs villes et les transformer en villes intelligentes. Pensez-vous que le Liban est prêt à se lancer dans ce processus ?

Il y a plusieurs projets qui ont démarré pour rendre les villes libanaises intelligentes. Toutefois, nous sommes au début du processus vu que le déploiement de la fibre n’est pas encore achevé, mais il devrait commencer bientôt, dans un délai maximal d’un an et demi, sous le nouveau ministère des Télécommunications, facilitant ainsi le développement de villes intelligentes. Plusieurs initiatives sont en cours, notamment avec l’avènement de l’IoT qui va garantir plus de services aux citoyens.

Les objets connectés et l’Internet des objets (IoT) envahissent actuellement les marchés mondiaux et nous avons commencé à remarquer leur présence sur le marché libanais. A votre avis, les Libanais seront-ils motivés à les utiliser ?

Les Libanais ne seront pas simplement motivés à utiliser l’IoT, mais ils seront pionniers dans ce domaine. Au Liban, un grand nombre de startups sont en train de développer des applications IoT ainsi que des appareils et objets connectés révolutionnaires. Donc, les Libanais seront à l’avant-garde dans le domaine de l’IoT.

Selon vous, quels sont les facteurs requis pour que le Liban soit un pays leader sur la carte internationale des télécommunications ?

Pour que le Liban soit leader sur la carte internationale des télécommunications et plus précisément de l’économie numérique, il faut introduire la programmation et le coding au niveau des écoles et des universités. Il faut aussi renforcer l’infrastructure et terminer le projet de déploiement de la fibre ainsi que convaincre les Libanais, élèves, parents, investisseurs, hommes d’affaires, que la technologie est l’avenir et, sans elle, ils seront morts à terme et qu’avec la technologie, ils peuvent être les gagnants de l’économie du futur. En outre, il est crucial de convaincre les décideurs que c’est le rôle naturel du Liban qui n’a que des cerveaux à exporter. Donc, il faut essayer de traduire cette réalité en faisant du Liban une plate-forme régionale et internationale de créativité et de technologie. C’est de cette façon que les cerveaux libanais travailleront à partir du Liban au lieu de le quitter pour exporter leurs produits et leurs services.